Le blog de Léon de Mattis, l'auteur de "Mort à la démocratie"

 

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Obama vs Mac Cain




En donnant l’illusion que quoi que ce soit changerait aux Etats-Unis si un noir ou un métis en devenait président, le régime démocratique espère s’imposer comme l’écrin nécessaire de tout changement possible. Mais, dans le cas du système électoral américain, la prétention est particulièrement ridicule. Ce système se signale, en effet, parmi tous ceux utilisés par les « grandes démocraties », comme l’un des plus baroques qui soit. A cet égard, faisons un petit retour vers le cas très édifiant des élections de l’an 2000, dont nous avions livrés, dans Mort à la démocratie, l’analyse suivante.

Le mardi 7 novembre 2000, environ 48 935 000 électeurs américains ont choisi Al Gore, candidat démocrate à la présidence des États-Unis, et 48 610 000 le candidat républicain George Bush. Gore était vainqueur en nombre de voix, mais le système des grands électeurs a permis la victoire de son adversaire. Ce système dit du winner-take-all a fait de la Floride l’État clé de cette élection : quelques voix de différence suffisaient à l’un ou à l’autre des candidats pour avoir dans son camp la totalité des grands électeurs de cet État et donc pour remporter l’élection présidentielle. La différence de voix, après des semaines de comptage laborieux, fut au final portée au crédit de Bush pour quelques centaines de suffrages exprimés. Ce résultat ne fut pas acquis à la suite d’un nouveau décompte rigoureux, mais lorsque la Cour suprême décida d’interrompre les opérations de vérification après avoir constaté qu’elles étaient tout simplement impossibles.

Les bulletins utilisés, en effet, à la fois par leur complexité et pour des raisons matérielles (il fallait les perforer et le petit bout de papier ne se détachait pas toujours correctement) pouvaient être, suivant les cas, soient déclarés valables, soit écartés comme nuls. Des journaux américains qui tentèrent par la suite un nouveau décompte révélèrent que, selon les critères retenus pour la validation ou l’invalidation des bulletins, on pouvait déclarer vainqueur tantôt Bush, tantôt Gore, avec un léger avantage pour Bush à la différence de voix. Même en effectuant ce travail avec une parfaite bonne foi il aurait été très difficile de départager les deux candidats : mais comme en plus le gouverneur de la Floride était le frère du candidat républicain et qu’il s’était montré assez ouvertement disposé à favoriser les intérêts de sa famille et de son camp politique, l’idée même que cette élection puisse paraître un tant soit peu impartiale fut au final abandonnée. Le candidat démocrate renonça à disputer la victoire à George Bush.

Le bilan de l’élection présidentielle américaine de l’an 2000 est éloquent. La personne qui a été choisie par le plus grand nombre d’électeurs n’est pas celle qui a été élue. Un faible écart de voix dans un État disputé a donné aux électeurs de celui-ci un poids que n’ont pas eu ceux des États acquis d’avance à l’un ou l’autre camp. Suivant leur répartition géographique, le choix de certains électeurs s’est révélé déterminant tandis que celui d’autres est demeuré sans effet sur le résultat final. Enfin, les possibilités de contestation étaient telles que le candidat élu ne l’a été au fond que parce que son adversaire ne voulait pas atteindre un niveau de controverse qui aurait fini par entamer la crédibilité du système politique américain tout entier.

Des commentateurs ont, après cette élection, affirmé que la démocratie américaine sortait renforcée de cette crise. Le raisonnement est tortueux mais irréfutable : un système aussi visiblement en contradiction avec ses principes et qui n’en est en rien bouleversé fait en effet la preuve de son incroyable résistance...
 
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Commentaires
1.   A.D.ndd,  jeudi 6 novembre 2008 à 22:27

Un immense espoir!
si, un espoir énorme, comme une super-production, un espoir qui gonfle, comme une baudruche.
Espérance de quoi, au fait?
Mais de tout, de rien, d'un monde plus juste et plus beau, sur grand écran, une amérique plus forte et plus amérique, et plus vraiment démocratique, oui encore plus démocratique chéri(e).
Obeyme gagnant, victoire de la grande amérique, et de la démocratie encore et allways.
Et le reste jalousies!
Quand Vaneigem était en forme:"L'espoir est la laisse de la soumission."

 
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