Le blog de Léon de Mattis, l'auteur de "Mort à la démocratie"

 

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Rachida Dati, Garde des sceaux, ministre de la justice
(Intervention du 8 janvier 2008 à l'Assemblée Nationale, discussion en séance du projet de loi relatif à la rétention de sûreté. Source: compte-rendu intégral des débats, deuxième séance du mardi 8 janvier 2008)

Depuis plusieurs années, les Français se sont émus de crimes odieux, commis par des personnes déjà condamnées et toujours considérées comme dangereuses. À chaque nouveau meurtre, à chaque nouveau drame, ils nous ont posé cette question : pourquoi un individu condamné pour des faits particulièrement graves et dont la dangerosité était manifeste a-t-il été laissé en liberté ? Les criminels, comme les prédateurs sexuels, ne présentant pas de pathologie psychiatrique, ils ne relèvent pas d’une prise en charge psychiatrique. Il n'existe donc aujourd'hui aucun dispositif pour les maîtriser, ni aucune structure pour les resocialiser de façon adaptée, de sorte qu’il faut attendre un nouveau passage à l'acte pour les enfermer et canaliser leur dangerosité. (...) Le silence de la loi n'est plus acceptable. Les Français ne le comprennent pas. Ils ont le sentiment que la justice refuse de regarder les choses en face et que ceux qui les gouvernent sont indifférents. Ils ont la conviction que chaque drame aurait pu être évité, que chaque vie aurait pu être sauvée. J'entends leurs demandes. Doit-on encore attendre de nouveaux crimes pour agir ? Doit-on accepter que des prédateurs que l'on sait dangereux continuent à sévir ? Peut-on laisser un homme comme Francis Évrard commettre de nouveaux crimes ? Doit-on attendre que d'autres jeunes femmes soient, comme Anne-Lorraine Schmitt, violées et tuées ?



Thierry Mariani, député du groupe UMP, membre de la commission des lois de l'Assemblée Nationale
(Intervention du 8 janvier 2008 à l'Assemblée Nationale, discussion en séance du projet de loi relatif à la rétention de sûreté. Source: compte-rendu intégral des débats, deuxième séance du mardi 8 janvier 2008)

Lorsque Nicolas Sarkozy a reçu à l’Élysée le père et le grand-père d’Enis, le père de l’enfant a déclaré à la presse, au sortir de l’entretien : « Si je suis venu aujourd’hui ici, c’est pour que les lois puissent être plus sévères pour des monstres comme cette personne-là. Le Président me l’a promis, j’espère qu’il va tenir parole ». C’est cette parole que nous tenons aussi aujourd’hui. Permettez-moi de vous rappeler les objectifs principaux de ce texte: (...) permettre de retenir dans des centres fermés les auteurs de crimes pédophiles condamnés à quinze ans de réclusion ou plus lorsqu’ils restent particulièrement dangereux et présentent un risque élevé de récidive. En effet, les mesures actuellement existantes semblent à l’évidence insuffisantes au regard des situations dramatiques qui sont encore vécues. Cette mesure est un ultime moyen de protection de la société.



Heinrich Himmler, Reichsführer SS, chef de toutes les polices du Reich
(Discours radiodiffusé du 29 janvier 1939. Source: Himmler, discours secrets, Ed. Gallimard, Paris, 1978, p99)

J'en viens maintenant à un autre domaine: la lutte contre les crimes. Ma méthode consiste ici, au lieu d'attendre que le crime soit commis, à isoler beaucoup plus sérieusement le criminel qui a été repéré auparavant et déjà condamné à plusieurs reprises, et à protéger les gens contre lui. J'applique cette méthode rigoureusement. Je suis parti de l'idée suivante: une canaille quelconque a commis un crime sur la personne d'un enfant: il a déjà été condamnée antérieurement à tant et tant d'année de prison et de pénitencier ; le père et la mère de chaque enfant à qui cela peut arriver nous ferait avec raison un amer reproche: la peine purgée après le crime ne leur rendra pas un enfant sain de corps et d'esprit. Dans le passé nous avons ramassé et transféré dans des camps de concentration tous les éléments asociaux qui entraient en conflit avec la loi d'une manière ou d'une autre, ceux qui avaient commis plusieurs fois le même crime, qui refusaient tout travail, qui fainéantaient et mendiaient dans un pays où tout le monde peut travailler.

 
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Commentaires
1.   Cobab,  dimanche 20 janvier 2008 à 21:01

Et comme d'hab, c'était que pour les pédophiles, maintenant tous les condamnés à 15 ans, bientôt pour tout le monde.

 
2.   Léon de Mattis,  lundi 4 février 2008 à 23:24

Il ne s'agit pas, dans ce billet, de dire que le pouvoir actuel est nazi, ce qui n'aurait pas de sens, mais de rappeler que la thèmatique du "monstre dangereux qu'il faut éliminer de la société" a été utilisée, historiquement, par les nationaux socialistes pour justifier les camps de concentration. Le rapprochement entre Dati et Himmler n'est pas à faire sur le fond, mais sur la méthode : car, aujourd'hui comme hier, le pédophile n'est qu'un prétexte. Il a déjà été décidé, lors des discussions à l'assemblée nationale et au sénat, que la loi sur la rétention de sureté s'appliquerait à tous types de crimes, et pas uniquement aux violences sexuelles sur mineurs. Le texte final n'est pas encore voté mais l'intention réelle du pouvoir (que la rétention des personnes jugées dangereuses s'étendent à tous les types de délinquants, voire d'opposants...) est déjà parfaitement visible.

 
3.   aladiiin,  dimanche 24 février 2008 à 17:01

c en effet tres ressemblant comme rhetorique, meme si il faut preciser comme ca a eté fait que traiter le gouvernement actuel de nazi n a aucun sens, mais c en glissant de maniere insidieuse qu on arrive a des horreurs que de plus ancients que nous ont connus et que pour ma part, je prefererais ne jamais a avoir a les connaitre

 
4.   un criminel dangereux,  mardi 26 février 2008 à 17:11

Ils soutenaient Petain en 1939, aujourd'hui 80% des francais soutiennent ça, c'est la démocratie.
www.lemonde.fr/politique/...

 
5.   stef,  lundi 31 mars 2008 à 20:43


Comparaison n'est pas raison...
Le Himler symbolyse, avec d'autre, la destruction des juifs et tziganes d'Europe. Rien à voir avec Dati et Mariani à qui on peut et doit reprocher bien des choses.
Je trouve que la photo dessert le propos qu'elle entend défendre à cause de son outrance.
Stef

 
6.   Cobab,  mercredi 30 avril 2008 à 12:55

léon : « 'intention réelle du pouvoir (que la rétention des personnes jugées dangereuses s'étendent à tous les types de délinquants, voire d'opposants...) est déjà parfaitement visible. »

D'ailleurs, le premier taulard à passer devant la commission de dangerosité pour savoir s'il peut espérer une conditionnelle sera… Georges Ibrahim Abdallah (lire par exemple ici liberonsgeorges.over-blog... ou là www.lemonde.fr/web/depech... pour la presse bourgeoise). Le suivant sera Cipriani.

Effectivement, la cible est claire.

(Rapelons le tour de passe-passe sur la rétro-activié : la loi ne s'applique pas aux personnes déjà condamnées, sauf… s'ils repassent devant un juge (JAP ou JLD). Toute fin de longue peine étant précédée de demandes de conditionnelle — GIA en est à la septième —, cela revient à l'aplliquer rétroactivement.)

Salut


 
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