Le blog de Léon de Mattis, l'auteur de "Mort à la démocratie"

 

En 2007, sors tes papiers… à Gare du Nord :: Elections piège à cons

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Mort à la démocratie (2)

Paru dans le mensuel CQFD du jour.

« Ce livre ne doit pas être compris comme une prise de position en faveur de l’abstention ou de la non-inscription sur les listes électorales. L’abstention n’est pas plus impératif que le vote n’est un devoir ». Dans son essai « Mort à la démocratie »(1), Léon de Mattis va au-delà du faux débat qui se résume à un « élections pièges à cons ». C’est le principe même de la démocratie qui est ici attaqué.

CQFD : Le point de vue anti-démocratique est en général celui de ceux qui dominent soit en affirmant que leur pouvoir leur vient d’un droit divin soit en pratiquant la plus grande brutalité. En quoi ta critique de la démocratie se différence t’elle de ces conceptions-là?

Léon de Mattis : La critique de la démocratie est aussi une tradition libertaire, et il est évident que c’est de ce coté là que se situe la mienne, même si je ne me définis pas comme un « anarchiste ». Et je renvoie dos-à-dos le point de vue démocratique et celui qui, anti-démocratique défend la force ou le droit divin, comme ayant en commun d’être des théories du pouvoir de l’État, donc de l’oppression.

Ta critique de la démocratie s’en prend à la démocratie en tant que telle ou bien à ce qu’elle est devenue aujourd’hui ?

Toute critique, à mon sens, n’est intéressante que si elle critique ce qui existe réellement. Il va donc de soi que la critique de la démocratie est une critique des conditions contemporaines de la démocratie, de ce qu’on entend habituellement, actuellement, par le terme « démocratie » - donc la démocratie élective, représentative, parlementaire, telle qu’on la voit fonctionner par exemple en France au cours de cette élection présidentielle. Cependant, j’ouvre aussi le débat sur la critique de ce qu’on appelle parfois la « démocratie directe », car à mon sens il ne s’agit le plus souvent que de singer les procédures de la démocratie étatique en en reproduisant les tares (formalisme, magouilles, etc).

Pourquoi quand on critique la démocratie est-on tout de suite diabolisé?

Le pire sera toujours là pour nous faire filer doux. Choisissez Royal sinon c’est Sarkozy, choisissez Chirac sinon c’est Le Pen, choisissez la démocratie sinon c’est Hitler, etc. Je crois qu'ainsi l’État a réussi son chantage, qui est de dire « contentez-vous de la démocratie sinon vous aurez la tyrannie ». Toute critique de la démocratie est présentée comme faisant le lit de la dictature. Mais attention : nous abstenir de critiquer la démocratie ne nous épargnera pas pour autant la dictature, si la nécessité s’en fait un jour de nouveau sentir pour sauvegarder à tout prix le pouvoir des puissants.

Qu’est-ce qui pourrait remplacer ces permanentes injonctions à « respecter la démocratie » ?

Ce qui revient à demander : « qu’est-ce que tu proposes à la place ? ». Une chose est sûre, il ne peut pas s’agir d’un autre mode d’organisation du pouvoir puisque c’est le pouvoir lui-même qu’il faut dissoudre. Il faut donc déjà éliminer le « cratos » ( le pouvoir) du terme démocratie. En fait, je ne pense pas qu’il faille un mot unique pour désigner le processus qui permet d’aboutir à une décision collective, car justement il n’y a pas forcément qu’un seul de possible, Et c’est là toute « l’erreur » du formalisme démocratique, de croire que la manière d’organiser une discussion collective préexiste à la discussion elle-même.

(1) L’Altiplano - 2007
 
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Commentaires
1.   Réseau Citoyens Libres,  samedi 21 avril 2007 à 19:04

Bonjour,

Ce courrier, pour vous annoncer la naissance du RESEAU CITOYENS LIBRES.

Le réseau Citoyens libres regroupe des internautes, des sites et des blogs qui se reconnaissent dans la Déclaration du Réseau et souhaitent apporter leur contribution à l'avènement d'une véritable démocratie.

J'espère que vous serez intéressé par cette initiative.

Bien cordialement.

L'initiateur du Réseau.

 
2.   gmaldevivre,  jeudi 26 avril 2007 à 22:25

Lettre ouverte à une France glaçante.

Ceci n’est ni une plaisanterie, ni une fiction.

Je m’apprête à mettre un terme à ma vie, une vie insignifiante, parmi tant d’autres qui s’éteignent volontairement chaque année dans ce pays. Vous ne pourrez pas savoir qui je suis, ou alors, très tardivement. J’ai pris mes précautions pour demeurer anonyme. Même si je n’ai plus rien à perdre, je ne souhaite pas courir le moindre risque d’être affecté par d’éventuels actes de malveillance, de représailles ou de moqueries avant de m’être définitivement replié.
Je suis probablement paranoïaque, mais certainement pas mythomane.

J’envoi ce mail depuis Toulouse, ou j’ai vécu il y’a longtemps. J’y suis de passage, pour saluer des amis, qui ne doutent pas que c’est la dernière visite fugace que je leur fais.
Cette soirée électorale passée en leur compagnie m’a brisé le cœur et noué le ventre.
Ce virage hyper droitier de la France ne m’étonne pas, même si j’ai espéré jusqu’au bout. Mais là, c’est peut-être un peu comme une goutte d’eau acide parmi des millions d’autres, une de trop…Je ne suis pourtant pas adhérent, ni militant d’aucun parti.

Ces résultats n’ont pas déclenché ma décision. C’est une accumulation de nouvelles et de tendances déprimantes, d’espoirs déçus, d’abattement, de dégoût, de malaises, de sons, d’images, et d’écrits qui ont lessivé une déjà trop fine pellicule protectrice . L’actualité, qui me fascine depuis si longtemps est têtue, tant au niveau national qu’international. Il ne se passe plus un instant sans qu’on soit informé de désastres, de tragédies, de dérapages, de reculs, de progrès inquiétants, de trouvailles malsaines…
Si mes derniers mots sont tellement imprégnés par la campagne électorale, c’est parce que je termine ce texte au cœur de cette période hyper tendue.
Ces résultats que j’avais pressentis depuis longtemps m’ont simplement décidé à partir à peine un peu plus tôt. S‘ils avaient, par je ne sais quel miracle, fortement contredit les sondages, alors, je crois, sans en être tout à fait sur, que je serais resté encore un peu, quelques mois tout au plus, le temps de peaufiner un ultime projet.

Quand on additionne certains suffrages, on devine aisément que les Français ont fait le choix de durcir les règles, d’abandonner certaines valeurs, de jouer avec le feu, de franchir la ligne jaune en s’apprêtant à couronner sans honte et sans retenue un « prèsidangereux ».
Pour éviter un tel désastre, il faudrait qu’un gros tiers du reliquat d’abstentionnistes se décide aussi de se faire violence pour lui barrer la route des pleins pouvoirs. C’est totalement inimaginable ! Il faudrait que les électeurs de la gauche de la gauche mettent entre parenthèses leurs rancoeurs assassines pour voter massivement et à 100% contre un type aussi effrayant. Impossible ! Je préfère ne pas être là pour assister au règne du pire des candidats éligibles de la 5ème République. Une telle erreur de casting à l’Elysée, dans un monde déjà si fétide me laisse supposer que rien ne nous sera plus jamais épargné.

Je suis devenu « accro » de télévision, (tout en sélectionnant prudemment les programmes), c’est devenu, avec la lecture mon seul loisir. La perspective de voir cet individu phagocyter encore tous les médias, de devoir supporter ce calvaire sur toutes les chaînes, me révulse.
Ce 22 avril au soir, j’ai fait un effort énorme pour ne pas m’effondrer, car je n’étais pas seul.
Mon seuil de tolérance est dépassé. Je suis en phase de répulsion maximale. En outre, mon instinct de survie déjà en berne se détériore de plus belle.
Il n’y’ a plus assez de musique dans mon cœur pour faire danser ma vie. Une vie sans espoir, sans saveur, sans plaisirs, même infimes, n’a plus de raison d’être.

Ces derniers temps, effaré par la tiédeur des grands médias, j’ai beaucoup lu d’articles parus dans la presse dite satirique dont l’indépendance me rassure. J’ai navigué sur Internet, à la recherche d’informations toujours plus pointues. J’ai consulté des livres d’histoire.
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J’ai compilé des déclarations, des décisions, des actes, des attitudes, des positions de diverses personnalités politiques.
Mes craintes sur Sarkozy étaient déjà maximales avant ces ultimes révélations.
Les autres grands médias ont fait l’impasse sur le « vrai Sarkozy », leurs patrons ou actionnaires ayant trop intérêt à ce qu’il préside la France.
S’ils décidaient soudainement d’adopter une ligne éditoriale plus critique, à la mesure de la somme des informations masquées qu’il faudrait dévoiler d’un seul bloc, l’électorat serait stupéfait. C’est hélas inimaginable, il y’a trop à perdre pour ces groupes de pressions influents, eux même liés à d’autres entités, gavées d’argent, shootées de pouvoirs.
Dans de nombreux pays comparables, jamais les médias n’auraient osé aller aussi loin dans la manipulation de l’information.

J’ai la sensation d’assister à la capitulation idéologique d’une France finalement très sournoise, qui s’est voulue parfois généreuse, mais qui a joué le jeu de l’alternance dans le seul but de glaner toujours plus de promesses et d’avantages, comme pour faire monter des enchères. Après avoir tiré sur la corde jusqu’à l’usure, ce pays a finalement décidé de se vautrer sans remords dans la case porcherie.
J’ai cru à un sursaut de dernière minute, de la part des mass médias, de certaines « vedettes », de certains leaders d’opinions, voire de certains intellectuels. Ces silences pesants, ou ces soutiens bruyants sont autant de signaux d’une forme de collaboration larvée. Des artistes de renom ont été jusqu’à soutenir le pire des candidats.
Ces « people » prompts à nous imposer leur « actualité » (terme pudique qui désigne la « promo » de films, livres, CD,…), en monopolisant d’innombrables médias, sont tous acquis à un seul candidat, et sont tous assujettis à cet ISF que leur favori se propose de supprimer.
Certains ont déjà dérapé en refusant de parler d’autre chose que de leurs produits sur certains plateaux TV, précisant qu’ils venaient gratuitement. Personne n’a jamais osé leur expliquer que le prix de leur présence organisée par des attachés de presse influents n’était rien en comparaison des gigantesques retombés publicitaires engendrées par l’insistante et tapageuse promotion organisée. Ce genre de compromissions se multiplie, insidieusement, dans de nombreux domaines. Personne ne proteste ! J’y vois un exemple de dérive, parmi tant d’autres, qui en permettront d’autres…

J’ai eu de la sympathie pour les mouvements altermondialistes, et certaines formations politiques « d’extrême gauche », même si j’ai des doutes sur la faisabilité de leurs programmes. Mais leur propension historique et hystérique à taper plus fort sur la gauche que sur une droite dure me sidère. Ce principe de la terre brûlée m’exaspère. Ils semblent se raviser en catastrophe aujourd’hui, mais le mal est fait.

J’ai vraiment décidé de mettre fin a mes jours il y’a déjà quelques mois, après des années d’hésitations. Ce n’est pas le vilain candidat et sa cour qui m’incitent à tout quitter. J’étais déjà fermement décidé et préparé. Je me donnais quelques semaines, quelques mois encore afin de rédiger un épais journal intime d’adieu ou je voulais détailler toutes les raisons de mon acte. Pour cette famille attirée par l’extrême droite, homophobe, intolérante, que je ne rencontre plus depuis si longtemps, pour mes rares amis, à qui je voulais rendre hommage, pour tous ceux que j’avais pu blesser au cours de ma vie, pour ces psychiatres pressés qui n’ont jamais réussi à m’apaiser, tout en empochant de confortables honoraires, tout en m’imposant le Figaro dans leurs salles d’attente….
Pour le geste enfin, comme un gigantesque bras d’honneur aux innombrables complices qui de toute part font le lit de cette société ultra sécuritaire, ultra libérale, brutale, sournoise, individualiste.

Je méprise cette société qui manipule et exacerbe les peurs tout en accentuant les divisions.
J’ai appris ce massacre de 32 personnes aux Etats Unies récemment J’ai vu l’armurier voisin de l’université répondre à des journalistes qu’il ne se sentait nullement responsable, ni de près, ni de loin ! Certains électeurs lui ressemblent, quand ils utilisent leur bulletin de vote
comme une arme. 2/7
Je préfère m’en aller, je suis prêt, ce ne sera pas difficile, car la façon dont j’ai décidé de mourir est confortable. Grâce à Internet, après d’innombrables recherches, j’ai trouvé la bonne méthode, discrète, fiable, indolore.

Je ne veux plus entendre ces bulletins d’informations, ces reportages, ces témoignages ou pullulent injustices, misères, et infamies. L’information anxiogène est synonyme d’audience, et de recettes publicitaires juteuses. Avec Sarkozy (et ses clones qui gouvernent d’autres Etats), ce cocktail dévastateur à encore de beaux jours devant lui.
Je vomis sur tous ces brevets détenus par des multinationales sur des médicaments vitaux empêchant des populations de pays très pauvres de survivre. Je ne peux plus supporter ces massacres répétés au Rwanda, au Darfour et ailleurs, ces pénuries d’eau qui tuent par dizaines de millions chaque année, tandis que nous barbotons dans des millions de piscines privées. Je conspue l’emprise de l’OMC, de la Banque Mondiale, du FMI, les accords transnationaux ultras libéraux, la destruction des ressources naturelles, le racisme, l’antisémitisme, et toutes les formes de discrimination. Je n’ai plus la force de regarder ces femmes, ces enfants, et ces hommes massacrés, maltraités, exploités, brandis par les médias, entre deux sujets superficiels, entre la poire et le camembert.
Des centaines d’autres sujets très différents, mais tout aussi révoltants forment le tout de mon immense dégoût.
J’ai le cœur au bord des lèvres. L’information toujours s’accélère, effaçant de nos mémoires à court terme les horreurs précédentes ! La publicité, intrusive, omniprésente, obscène et mensongère ponctue cette diarrhée médiatique. On s’étonne du comportement fébrile, agressif, ou désespéré d’un nombre grandissant de personnes, alors que les raisons de ces basculements sont sous nos yeux, vrillant nos oreilles du matin au soir sans répit.
Je suis fatigué de pleurer sans raison, de me sentir oppressé en permanence, de redouter l’avenir, de détester chaque matin qui s’avance, chaque journée qui me tance.

Je ne veux pas voir cet odieux personnage présider la France ! Non ! Pitié ! Pas lui ! Surtout pas ! Ça fait 5 ans (et plus encore) qu’il m’horripile !!!! 5 ans que je vois son visage d’hypocrite, sa silhouette démultipliée, que je supporte ses propos populistes, ses dérapages plus ou moins contrôlés, ses mises en scène hollywoodiennes, ses sous entendus venimeux !!!
5 ans et plus encore, qu’il envahit les écrans de télé, les radios, les magazines, les journaux, mes pensées !!! Impossible d’y échapper!! C’est une première dans l’histoire de la république, tant d’années de battage médiatique pour une campagne électorale interminable ! L’entendre, encore et encore, le voir, le deviner, le redouter tous les jours pendant 5, 10 ou 15 ans ??? Plus ??? Cette sur médiatisation spectaculaire a pénétré chacune des cellules de mon cerveau jusqu’à me donner de lancinantes migraines !!!
J’ai l’impression d’assister au couronnement d’un quasi-dictateur en puissance tellement je devine de peurs, de craintes, de trahisons et de renoncements autour de ce despote!
Il n’a pas hésité à menacer des médias impertinents ou trop peu avenants à son goût (un hebdomadaire et un chaîne de TV) de terribles représailles, dans des termes extrêmement brutaux, sans que cela ne fasse l’objet d’une couverture médiatique à la mesure de ces actes.
Sa rivale par contre fut systématiquement massacrée par des médias précis, méthodiques, impitoyables.
Il a tenu des propos inacceptables sur l’origine génétique de l’homosexualité, des comportements suicidaires, de la pédophilie, et sur de la délinquance !!
Il a même caressé l’idée de mettre sous surveillance des enfants de trois ans ! Il a tenu des propos guerriers dans les cités. Il n’a pas cessé de se contredire suivant les auditoires.
Il n’a pas donné tout son jus, je suis convaincu qu’il est capable d’aller encore plus loin dans certains raisonnements nauséabonds.
Je suis homosexuel, (personne ne le sait), et je reçois ça en pleine gueule, sans protestation des médias, ni des scientifiques !!! Même le suicide serait génétique !!! Je cumulerai 2 gènes scélérats ! Vous imaginez la claque !! Avec un tel candidat, de tels actes et dérapages risquent de se multiplier dans les prochaines années avec le retour en force des religions, et de sectes libérées (laïcité en danger et scientologie en embuscade).
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J’imagine des catégories de populations dressées les unes contre les autres, des minorités pourchassées, conspuées, un racisme exacerbé, des discriminations en progression, une police survoltée, des prisons plus surpeuplées que jamais.
Un vrai retour en arrière, en pire !!!! Non merci !!! Et ces courbettes appuyées devant Georges Bush !!! Et ce photomontage grotesque en sa compagnie! Pitoyable !
Ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d’autres, la liste est tellement longue.

Il a osé le dire, il osera le pire !! Il s’est permis tant de propos obscènes, alors qu’il était dans une période de séduction, en campagne électorale depuis 5 ans. Imaginez ce qu’il se permettra quand il sera élu, hyper protégé, surpuissant !!!
Et ces deux dernières semaines de campagnes vont être encore plus révoltantes, car il adopte déjà avec un culot phénoménal l’attitude de celui qui a changé, estompant ses défauts sous des tonnes d’artifices verbaux et gestuels !!!
On peut éjecter un premier ministre, on l’a déjà fait, mais un président ! Ce morpion sur vitaminé s’arc boutera au pouvoir quoi qu’il arrive, rusera de plus belle, pour se faire réélire en 2012, en 2017, dans le seul but de battre ses prédécesseurs sur le terrain de la longévité présidentielle. Il aura le temps de pondre des myriades d’œufs dans les poils pubiens d’une France arriviste, vulgaire et décomplexée.
Les citoyens, de plus en plus « accros » au pouvoir d’achat et à l’endettement, aux illusions de l’ultra libéralisme, abusés par ses stratégies populistes, noyés par la propagande médiatique lui renouvelleront leur confiance, les médias seront muselés, tous les pouvoirs seront concentrés entre ses mains.

Cette France ôte enfin le masque et montre son vrai visage, dans le sillage d’autres pays déjà contaminés par des régimes similaires. Cette France des Lumières, de la Révolution, des Droits de l’Homme est morte, bienvenue à une France ouvertement nauséabonde, nerveuse, divisée, haineuse, vénale, égocentrique, américanisée à outrance, acculturée et amnésique. J’étais déjà méfiant, désenchanté, désabusé, je viens de perdre toute confiance en mon propre pays. Après un 21 avril 2002 qui m’a brisé, voici ci le 22 avril 2007 avec ces chiffres détonnant : Deux tiers à droite, un tiers à gauche, du jamais vu depuis 40 ans !

J’avais déjà décidé de fuir la vie, je ne fais qu’avancer de si peu mon départ.

Je perçois quelques centaines d’euros d’allocation COTOREP par mois.
Rassurez vous, poujadistes en herbe, je ne m’en plains pas. Je survis, et le reste je m’en fiche !!! Je n’ai pas besoin de plus. Je ne dépense presque rien en dehors de la nourriture, cela fait bien longtemps que je n’ai plus envie de rien. Je n’ai plus de loisirs, de famille, de métier, d’amour, de projets, d’envies, d’espoir.
« Je ne continue plus, ce qui m’attend je l’ai déjà vécu, c’est plus la peine ». Cette ancienne chanson de Cabrel « C’était l’hivers » me bercera dans mon dernier sommeil. Elle dit tout de ce que je ressens.
Cette allocation convient à mon absence d’envie de consommer, sans charge de famille, sans dettes, sans projets, sans vitalité…Que m’importe de percevoir plus, de toute façon, je n’en profiterai pas !!! Je n’aime plus rien, je vis volontairement reclus chez moi, je n’aime plus le jour, ni le soleil, ni les matins, ni les soirs. J’aimerai vous provoquer en hurlant que mes nuits sont plus belles que vos jours, mais elles sont systématiquement peuplées de violents cauchemars.

Cette orientation du monde vers un système de plus en plus perverti me semble inéluctable. C’est un peu comme si les habitants de cette planète avaient besoin de se brûler périodiquement jusqu’au 3ème degré pour réaliser leurs erreurs, avant de recommencer de plus belle quelques décennies plus tard ! C’est désespérant, quand on pense à l’accumulation des savoirs, de témoignages, d’expériences, d’œuvres culturelles, à tous ces enseignements amassés depuis des millénaires. Ces millions de données stockées dans les bibliothèques et autres lieux du savoir ne sont pas exploités. Toutes ces informations compilées, parfois disponible sur le Net devraient nous éviter le pire, nous donner des pistes,
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nous mettre en garde contre nous même ! Mais qui parle aujourd’hui de culture, d’histoire ? Quelles sont les meilleures audiences télévisuelles ? : De pitoyables et profitables mises en scène de la bêtise humaine en prime time !

Non !! Ce n’est pas un candidat qui me tue, c’est la vie, c’est moi, c’est le produit de mes observations, c’est une lourde addition !!! Et comme je sais très exactement comment tout cela va « évoluer » (Il est aisé de faire des projections, d’anticiper, avec les innombrables paramètres dont on dispose), j’ai décidé de ne pas m’attarder. Je salue les auteurs de science-fiction du passé, qui, disposant de bien moins d’indices, ont malgré tout réussi à imaginer des mondes repoussants au travers de scénarios devenus crédibles!! Chapeau ! Quel talent ! Quels visionnaires ! Ironie du sort, des centaines de millions de personnes ont visionné ces œuvres, sans jamais en tirer le moindre enseignement. Encore !

Comme plus rien ne me retient (un psychiatre m’a expliqué qu’il faut toujours avoir un point d’ancrage, ne serai ce qu’un seul, qui retienne à la vie, pour éviter tout passage à l’acte), je vais enfin pouvoir me désincarcérer de cette putride réalité.

Finalement, ça m’arrange d’en finir une fois pour toutes. Savoir que je vais dormir pour toujours, sans dieu, sans patron, sans vexations, sans peur, sans Sarkozysme, sans actualités internationales déchirantes, sans canicule, sans catastrophes climatiques, sans paradis, mais aussi sans enfer…. Je me sens déjà mieux, presque apaisé. Je ne crains pas l’au-delà, je suis athée.

Depuis 7 ans, je tente de comprendre, avec obstination pourquoi et comment un tel monde est possible ! J’accumule ! J’entasse ! Les livres, les journaux envahissent chaque recoin de ma chambre. Je suis fasciné par ces innombrables sujets, sources de colères et de souffrances intolérables. Je ne sais pas pourquoi je fouille autant, depuis si longtemps.
Je suis français, blanc, fils de français. Je dispose de tous mes droits civiques, sans casier judiciaire. Je ne fais l’objet d’aucune discrimination (sauf en ce qui concerne l’homo phobie ambiante). Je ne vis pas dans la misère et pourtant j’ai décidé froidement de mettre un terme à ma vie dans un pays riche alors que des millions d’êtres survivent dans la détresse sous des cieux bien moins propices. Pendant des années, cette réalité m’a aidé à relativiser mon mal-être. Je me disais que je n’avais pas le droit de me laisser aller ainsi, alors que tant d’êtres humains sont bien plus malheureux ailleurs, parfois lourdement handicapés ici.
Mais ce raisonnement désormais ne tient plus, « j’ai la tête qui éclate, je voudrais seulement dormir, m’étendre sur l’asphalte, et me laisser mourir ». Je suis à bout, vraiment !
Je sais que des milliers d’autres personnes se suicident en silence chaque année, sans qu’on en parle. Le sujet est tellement tabou, N’est-ce pas une insulte faite aux survivants ?

Le type abject qui va triompher hélas dimanche prochain a dit : « La France, tu l’aimes, ou tu la quittes » !!! J’ai bien entendu !!! Oui !!!!Marche ou crève !!! La France, je l’aimais, avant, avec ses défauts et ses grandes qualités. Depuis quelques années, elle a considérablement changé. La gauche vacille, snobée par un électorat hyper individualiste.
Le citoyen mélange tout, simplifie tout, et ne vise que son confort personnel. Quand il s’adresse aux candidats, c’est pour parler uniquement de ses préoccupations personnelles, jamais de l’intérêt collectif. Chacun veut tirer la couverture à lui, avec de moins en moins de ménagement.
Trop de gens sombrent en même temps dans une forme de repli et de méchanceté sans même s’en apercevoir.

J’entends déjà au loin les sirènes d’alerte ponctuant des mouvements de foules réprimés dans le sang. Je visualise dans mon imaginaire une planète dévastée par les pollutions et les dérèglements climatiques annoncés, gangrenée par un capitalisme carnassier, et des milliards d’êtres humains désemparés, humiliés, désespérés, exploités. Je ne veux pas rester piégé dans cette spirale infernale. Je n’ai plus la force de respirer cet air empuanti.
Ce monde glisses vers l’abject, avec ces multinationales odieuses, ivres de pouvoir, ces PDG
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multimillionnaires, cette « jet set » qui se vautre dans le luxe devant une foret de paparazzis, ces guerres sans fin, ces milliards de souffrances, ces richesses inouïes qui dégoulinent, à côté de ces misères intenses.

J’imagine une France, une Europe, et un monde pré fascisant, étranglé par l’ultra capitalisme et le néo totalitarisme. Un monde de terreurs, d’inégalités accentuées, de souffrances exacerbées, de libertés bafouées, de régressions affichées.
Des centaines de millions de paraboles de par le monde, diffusent en boucle des images de luxe extrêmes vers des milliards de téléspectateurs totalement démunis. Ce sont les mêmes parfois qui fabriquent dans des conditions indignes nos vêtements vintages, et tant d’autres objets qui s’entassent sans usage dans nos armoires saturées.

Même s’il reste environ un tiers de gens raisonnables dans ce pays (et dans le monde), des gens qui ne votent pas uniquement pour leur intérêt personnel, des gens de cœur, généreux, ouverts, tolérants, cela ne suffira pas pour renverser la tendance. C’est trop peu pour espérer gagner le 6 mai, ni dans 5 ans, ni dans 10 ans !!!! C’est trop peu pour espérer que les 200 pays de cette planète s’entendent enfin pour mettre un terme à d’innombrables et permanentes dérives. Les populations occidentales sont bien trop préoccupées par le sacro-saint pouvoir d’achat, et comme celui-ci ne leur suffira jamais pour satisfaire des envies démultipliées, pour acheter toujours plus de produits qu’il faut remplacer toujours plus vite, inutile d’espérer une quelconque amélioration.

Et quand bien même je me tromperais, et que la candidate de mon cœur, et de raison gagne ! Je suis certain que le tyran, son équipe de flingueurs d’élite, les médias, aidés par une armée de citoyens revanchards et colériques parviendront aisément à la laminer.
On ne peut plus lutter contre tant d’inculture et d’égocentrisme.

Je voulais dire aux rares personnes qui m’aiment et que j’aime tant, qu’ils se réjouissent de mon départ. J’aurai peut-être pu continuer encore un peu, mais à quel prix ? Et pour quoi faire ? La mort est inéluctable, je ne ferai que l’anticiper, ce n’est pas un drame.
Ma seule issue de secours pour mettre un terme à ce calvaire, c’est de dormir paisiblement pour l’éternité.

J’ai arrêté tout antidépresseurs et anxiolytique il y’a un an.
Ces molécules vendues à prix d’or par ces laboratoires dont les profits donnent le vertige ne sont que de vulgaires camisoles chimiques incapable de soigner réellement !!! Même sous l’influence de ces pilules diaboliques, j’avais déjà décidé de partir !!! Je m’en suis libéré, après tant d’années perdues !! J’y ai gagné la disparition d’effets secondaires multiples.
C’est mieux pour la sécurité sociale, n’est-ce pas, électeurs de droite !
A 40 ou 50 euros la boite chaque mois !!! Plus les consultations chez les psychiatres !! Plus une allocation !!!! Je coûte cher !!! Je vous coûte cher !! Vous le répétez sans relâche dans ces innombrables talk-show radio ouverts aux auditeurs, à la TV, entre vous, dans vos soirées, dans des files d’attente…
Je vous observe, je vous écoute, attentivement, depuis de nombreuses années, et je vous entends déraper, de plus en plus souvent, avec de moins en moins d’hésitations.
Votre candidat favori le répète 100 fois par jour depuis qu’il a compris que de tels propos vous ravissaient.
Il aime verbaliser haut et fort vos idées et vos pensées les plus abjectes, tout comme son vieil oncle Le Pen ! Cela vous flatte tant, quelle douce musique à vos oreilles !
Vous me répugnez ! Vous offensez des millions d’habitants, et vous en êtes si fiers.
Travailler plus, pour gagner plus, pour consommer plus, en cotisant toujours moins, en privatisant, en libéralisant toujours plus, en divisant les français…etc…Tel est votre credo ! Bande de crados !

Je suis persuadé que le suicide sera l’un des grands maux du siècle qui avance, devant toutes les autres maladies, surtout quand les méthodes de morts douces seront connues du
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plus grand nombre.
Rappelez-vous ce livre, « Suicide mode d’emploi », dont j’ai un exemplaire, acheté aux puces dans les années 2000. Il a été interdit à la vente, mais Internet vous permet de vous procurer la mort à domicile sans effort !
Les descendants des électeurs de Sarkozy achèteront sans hésiter les actions des futures sociétés cotées en bourse qui organiseront à la chaîne de doux suicides programmés, autorisés par la loi malgré la bonne santé physique des volontaires. Cela vous choque ? Si vous saviez le nombre de domaines ou nous nous aventurons dangereusement déjà, sans que cela ne heurte plus personne. Une bonne dose d’ultra libéralisme supplémentaire, moins d’Etat, moins de règles, moins de contrôles, moins de contraintes, des dividendes en hausse, plus de profits, moins de restrictions…. C’est bien ça que l’électeur Sarkozien souhaite !

Bon, j’arrête là mes récriminations, sans quoi je n’en finirai jamais. Je dois prendre mon train dans quelques heures. J’ai encore beaucoup à faire.

J’ai tenu à écrire ce document pour mettre des mots sur mes maux, même s’il fini sa course à la corbeille, sans avoir été lu ou compris. Peut être qu’un homme ou une femme un peu plus curieux que les autres prendra le temps de me lire, malgré une écriture confuse, agressive, tortueuse.
Quand on a ouvert les yeux sur certaines réalités, en s’obligeant à regarder de plus en plus près, de plus en plus longuement, de plus en plus souvent, c’est trop difficile de les refermer en oubliant toutes ces laideurs emmagasinées.
J’ai deviné des mécanismes, j’ai compris des stratégies, j’ai anticipé des conséquences, pour m’apercevoir finalement, que l’homme préfère vivre et penser comme un porc, jusqu’à renier sa propre humanité. Le processus est en pleine voie d’accélération, tout va trop vite désormais.
J’ai le mal des « trans-porcs ». Je quitte ce navire infesté de rats, de cafards et de termites.

Je demande pardon pour les autres, toutes celles et ceux qui ne sont pas concernés par ma colère et mon dégoût ! Je ne pouvais sans cesse les signaler au risque d’alourdir plus encore ces propos.

Je me sens bien, depuis que j’ai écrit ces lignes à toute vitesse, comme si j’étais un peu apaisé, et plus déterminé que jamais.
J’ai les yeux brouillés par des larmes d’amertumes et de colère, mais j’y vois plus clair en terminant cette missive probablement idiote, puérile, immature, candide, misérabiliste.

Chaque clic d’envoi de ce document sur des blogs, ou autres destinations virtuelles sera mon point final à cette vaste fumisterie qu’est la vie.

Je m’arrangerai pour qu’on retrouve mon corps le plus tard possible. J’aurai mes papiers et mes dernières volontés rangées dans une chemise de carton noire, avec la présente lettre accompagnée des références de mon adresse mail anonyme.

Des doubles seront disposés à mon domicile, pour maximiser mes chances d’insulter encore les électeurs des pires représentants de ce monde en décomposition avancée. Il y’a trop de colères, de désillusions, de souffrances concentrées en moi. Je dois m’en libérer avant de partir.
J’avais besoin de cet artifice, de cet ultime défi pour accompagner ma décision. Je fais comme la plupart d’entre vous dans les urnes ! Je me répands, je vous pollue, je vous conspue, je vous hais.

FIN

GmalDeVivre
7/7

 
3.   Jerome,  vendredi 27 avril 2007 à 13:28

Bonjour,
Je découvre ce blog à l'instant. Je n'ai pas encore lu votre ouvrage, mais je vais m'y plonger.
Au cas où il vous intéresse, j'ai mis en ligne un essai, intitulé "Nous n'irons plus voter. Eloge de l'abstention comme acte civique". Sans doute ne serons-nous pas d'accord sur tout ; mais au moins que le débat soit posé et avance...
www.nousnironsplusvoter.fr

 
4.   Jerome,  vendredi 27 avril 2007 à 18:07

Les propos de GmalDeVivre n'étaient pas publiés quand j'ai écrit mon commentaire.
Je ne sais si cette lettre est une fiction ; si ce n'est pas le cas, si celui qui l'a ici postée est aussi son auteur, je ne peux que commencer par lui dire que nul ne se réjouira de son départ, qu'il n'imagine pas le prix qu'il a et que le monde aura sans doute encore besoin de sa colère.

 
5.   tom cruse,  mardi 29 janvier 2008 à 07:21

Hey ! toujours agréanlement supris de lire des billets intéresssants :) qu'est-ce que tu sous entendais dans cete parenthèse : c'est le principe meme de la democratie qui est ici attaque ? je te souhait une bonnebcontinuation !

 
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