Le blog de Léon de Mattis, l'auteur de "Mort à la démocratie"

 

Vanité de l'élection :: Pour qui vas-tu voter? (2)

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Et d'abord, qui vote?


Et d’abord, qui vote ? Pourquoi les étrangers sont-ils exclus des élections ? En quoi l’Africain, le Chinois ou le Maghrébin immigrés seraient-ils moins à même que quiconque de juger des questions politiques du moment, à ce seul motif que, nés par hasard de parents français sur le sol français, certains sont détenteurs d’une nationalité que d’autres ne possèdent pas ?

Rien que pour cette raison le vote est une injustice flagrante, et il en a toujours été ainsi. Ce qui est pris maintenant comme le modèle de la démocratie antique, Athènes, ne fonctionnait que parce que seule une part réduite de sa population participait à l’Ecclésia. Il y avait tous ceux qui étaient exclus de la citoyenneté car non libres ou « étrangers », c’est-à-dire n’ayant pas deux parents de pure souche athénienne. La proportion des citoyens était cependant plus élevée à Athènes que dans d’autres cités. La raison en était que le citoyen se définissait avant tout comme le guerrier et que la flotte athénienne exigeait une quantité importante de marins, d’où l’extension du statut de citoyen pour satisfaire les besoins en main-d’œuvre de la marine de guerre. Entre le régime politique de Sparte et celui d’Athènes, il n’y avait pas de différence de nature, mais seulement du nombre de ses bénéficiaires.





À l’image d’Athènes, toute démocratie est, a toujours été et sera toujours une oligarchie. La seule chose qui change, c’est la proportion des citoyens et des non-citoyens. Actuellement, nombreux sont ceux qui vivent en France et sont des citoyens de seconde zone : ils peuvent en faire l’expérience quotidienne dans les organismes sociaux et les administrations – et ce n’est pas un problème « d’accueil du public ». Ce public est traité exactement comme il convient, relativement à sa place dans cette société. À ceux-là, il est absurde de dire que la République appartient à tous. La République est la propriété des classes aisées, et elle a été instituée pour cela. La République est cette puissance aliénante au nom de laquelle le flic plein de morgue nous demande nos papiers, le magistrat nous juge et nous condamne parce que nous avons refusé de baisser la tête, et le maton referme la porte sur nos espoirs.
 
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Commentaires
1.   jps,  samedi 24 mars 2007 à 15:41

pour aider à la reflexion
modestement : poly-tics.over-blog.com/
cordialement

 
2.   Léon de Mattis,  samedi 24 mars 2007 à 20:18

Je précise que le site auquel renvoie JPS est pro-ségo. Pour ma part, cher JPS, je ne vois pas la différence entre Sarkozy et Royal qui veut que "chaque citoyen ait un drapeau français chez lui". Le drapeau français, moi, je lui chie dessus.

 
3.   Michel,  mardi 18 septembre 2007 à 14:43

Je pense cependant que le drapeau, qui renvoie à la nation française, n'est pas assimilable à l'Etat, en tous cas, pas immédiatement. Bien-sûr, Ségolène proposait à chaque Français d'avoir son drapeau national en vue d'assimiler (très maladroitement) l'électorat de la droite fière de son pays, et représente ainsi une démarche de l'Etat et non pas du peuple. Car en effet, la nation française, c'est le peuple uni, et c'est un concept jacobin de la révolution française. Ici pas d'Etat, seulement des hommes, qui partagent la même condition, la même haine que voue le Tiers-Etat envers l'ancien régime. Même si la révolution française est à juste titre qualifiée de bourgeoise, la Nation, elle, est un concept de gauche. Le drapeau français en est le fidèle représentant...du moins jusqu'à Napoléon et la restauration.
Le drapeau français est un témoignage de culture commune ; la nation française n'est que le résultat d'un passé commun. Je pense que la nation, ou la patrie, n'est pas forcément l'Etat. C'est tout simplement la propre identité d'un peuple qui la garde en mémoire.

 
4.   anselme,  jeudi 20 septembre 2007 à 18:48

Les prolétaires n'ont pas de patrie.

 
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