Le blog de Léon de Mattis, l'auteur de "Mort à la démocratie"

 

Le discours d'investiture de Nicolas Sarkozy :: Démocratie et liberté

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Lieux communs




« Le vote, il y a des gens qui sont morts pour ça » Et alors ? Il y a aussi des gens qui sont morts pour défendre l’esclavage lors de la guerre de Sécession et d’autres la chancellerie du Reich. Il y a en aussi beaucoup qui sont morts pour rendre Verdun tour à tour à la France ou à l’Allemagne.

« Si tu ne votes pas, tu n’as pas le droit de t’exprimer »
Le vote n’est pas une occasion de s’exprimer : c’est bien plutôt une occasion de se taire. Tous les deux ou trois ans, on m’a généreusement accordé la possibilité de glisser un petit bout de papier dans une enveloppe, et c’est cela qu’on appelle ma « voix ». Glisser ma voix dans une urne, c’est encore la meilleure manière de l’étouffer.




« Voter est un droit dont beaucoup sont privés et aimeraient bien avoir »
« Le droit » comme « les droits » n’existent nullement par eux-mêmes dans le ciel idéal de la démocratie. Ils ne sont que dans la mesure ou une machinerie complexe les suscite, et une partie d’entre eux ne sont nécessaire qu’une fois présupposée l’existence même du dispositif qui les fait naître. Bref, voter est un « droit » qui présuppose l’existence d’un Etat pour qui il faut voter. Et si on ne veut plus d’Etat ?

« La démocratie est le pire des système, à l’exception de tous les autres» (W. Churchill).
Et pourquoi aurait-on absolument besoin d’un système ? La encore, cette formule présuppose l’existence de l’Etat comme une nécessité. Postulat qui n’est jamais discuté, et qui est pourtant éminemment discutable.

« Il faut voter parce que c’est un devoir »
Vous tenez absolument à voter ? Alors, plutôt que de voter blanc, votez gras. Rendez-vous dans votre bureau de vote avec un bout de gras dissimulé. Une fois dans l’isoloir, glissez le bout de gras dans l’enveloppe avec un bulletin : puis votez consciencieusement en souriant au président du bureau. Dans les heures qui vont suivre, la chaleur va faire fondre le petit bout de gras. Le liquide graisseux va sortir de votre enveloppe et venir tacher les bulletins massés autour de lui dans l’urne. Or, un bulletin taché est un bulletin nul. Vous aurez ainsi eu la joie d’invalider quelques dizaines de suffrages de vos concitoyens.
 
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Commentaires
1.   lokinazg,  lundi 29 janvier 2007 à 14:10

L'arnarchie est un système tout comme l'inaction est une action. Ce type de discours reste une manière de voter.

Cependant, il reste un défaut, ce type d'attitude ne permet pas, à postériori, de se plaindre de la situation puisque lors du choix, on a pas exprimé son avis, la logique veut alors que l'on subisse sans maugréer les conséquences de son attitude/opinion.

 
2.   Cobab,  mardi 6 février 2007 à 09:49

« Lors du choix » : sophisme. Quel choix ? Concernant par exemple les rapports de la France avec l'Affrique uo le Moyen-Orient, donc la questin (néo-)coloniale, JMLP, NS, FB, SR ont exactement la même vision — et même à «gauche de la gauche » on ne peut pas dre que l'opposition soit bien claire.

Ton raisonnement se retourne immédiatement : Puisque tu as « exprimé ton avis » en votant Chirac au 2e tour, tout ce qu'il fait ensuite est « ton choix ».

il faut arrêter de croire qu'on donne son avis en votant et qu'on se tait en s'abstenant ; il faut arrêter de croire qu'un vote ou un non-vote engage à se taire jusqu'au prochaine élections, puisqu'on a (ou non) « exprimé son choix ». Cette conception mystique du vote, et celle de la représentation qui va avec, est un des arguments idéologiques majeurs pour iterdire la contestation de l'ordre établi.

 
3.   bat,  samedi 24 février 2007 à 16:28

eh oui on peut mourir pour n'importe quoi,
je te remercie de le rappeler, quand plus personne aujourd'hui n'est capable d'écrire une chanson comme "mourir pour des idées". Je me souviens qu'il y a quelques années Jean-Jacques Goldman s'était insurgé contre cette "irresponsabilité" du grand georges, et avec lui tout le public d'une émission de type talk show.
Cela dit je voudrais revenir sur un autre lieu commun :
"Sarkozy, il me fout les boules"
Je crois pas une seconde au scenario d'une prise de pouvoir un tant soit peu totalitaire (même si tout pouvoir est totalitaire), par notre "fou de boulot". Cela dit, pourquoi ce lieu commun existe-t-il? Parce que le même Nicolas Sarkozy en joue très savamment : il en esquisse l'ombre, pour mieux s'en défendre après, un peu le même genre de tautologie que quand tu dois payer 136 euros pour les frais de déplacement de la fourrière qui t'a piqué ta bagnole. Exemple typique au moment du discours de présentation de son programme à la mutualité (toujours l'arrogance d'expliquer à la gauche ce qu'elle devrait être) : notre ministre bosseur s'est livré à une réinterprétation gratuite des événements autour du 13 mai 1958. Pour ceux auxquels ça aurait échappé, De Gaulle a alors été amené au povoir par une junte en place à Alger par un coup d'état (généraux Challes, Salan et consors). Ces événéments ont été narrés dans un pathos impressionannt à la mutualité, et présentés comme ceci : ce qui s'est passé en 58, c'est que De Gaulle par "sa force de décision", a sauvé la France du marasme parlementaire dans lequel l'avait plongée la quatrième Répubique. On croirait entendre le petit-fils de Pinochet assurant que son illustre aïlleul avait sauvé le Chili du péril communiste (contre-vérité énorme, Allende n'étant pas communiste). On s'aperçoit donc de la finalité du jeu auquel se livre notre ministre : jouer le jeu de ceux qui, trop hypocrite pour l'admettre entièrement, sont fascinés par les formules autoritaires, mais juste assez pour s'en défendre aux yeux de ceux qui l'accuseraient de pouvoir passer à l'acte.
Chapeau bas l'artiste (je pense à Georges)
bonne continuation

 
4.   miaou,  mercredi 11 avril 2007 à 21:18

En fait.. j'aimerai savoir qui, en France est mort pour avoir le droit de vote ???

Cherchez !!!

...

ah, bah non.. personne.

 
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