Le blog de Léon de Mattis, l'auteur de "Mort à la démocratie"

 

Le référendum :: Une lettre de Nicolas Sarkozy

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Le vote négatif


Lors de ma dernière chronique, j’écrivais ceci : « Le référendum du dimanche 29 mai 2005 offrait aux électeurs une possibilité que les élections ordinaires ne donnent pas : celle du vote négatif. Nous avons vu qu’en 2002 la seule manière de voter contre Le Pen était de voter en faveur de Chirac. Refuser le pouvoir à l’un ne pouvait se faire qu’en se compromettant avec l’autre. »

Cette idée de vote négatif a déjà été envisagée par les théoriciens qui se sont penchés sur les système de votes dit par « pondération ». Il parait que le Rotary Club l’utilise pour exprimer, par le biais d’une « boule noire », une éventuelle opposition à l’admission d’un nouveau membre. Mais en tout cas il semble que dans l’ordre politique elle n’ait encore à ce jour jamais été mise en oeuvre.




Imaginons pourtant ce que pourrait être le vote négatif étendu aux élections présidentielles. Chaque citoyen disposerait d’une voix et d’une seule : mais il pourrait décider de voter pour ou contre le candidat de son choix. Je pourrais choisir, par exemple, de voter pour Sarkozy, ou Royal, ou Laguiller : mais je pourrais aussi décider à la place de voter contre ces mêmes, ou contre un autre. Par exemple contre Le Pen.

Pour chaque candidat un nombre égal de bulletins positifs et de bulletins négatifs (avec, par exemple, le nom du candidat barré d’un grand trait rouge) serait imprimé. Lors du dépouillement, chaque candidat serait crédité des votes positifs qui se sont portés sur son nom, et débités des votes négatifs. Le vainqueur de l’élection serait celui qui, décompte fait des votes positifs et négatifs, aurait un résultat supérieur a celui de ses adversaires.

Le chantage habituel au « vote utile » ou au « barrage contre le fascisme » deviendrait sans objet. Pour barrer la route à Le Pen, on ne serait plus obligés de voter pour Chirac. Pour contrer Sarkozy, on ne serait plus obligé de voter pour Royal. Certes, indirectement, le vote contre favorise l’adversaire, puisqu’il enlève des voix a celui sur lequel il s’est porté. Mais, au moins, on évite l’acte nauséabond qui consistait à mettre dans une urne le nom d’un politicien que l’on n’approuve en rien. Par exemple, en 2002, Chirac l’aurait emporté non pas parce que les électeurs de gauche auraient voté pour lui, mais parce qu’ils auraient émis un vote négatif contre Le Pen.




Un tel système permettrait aussi à ceux qui pensent qu’aucun politicien n’est digne de recevoir le moindre suffrage de s’exprimer quand même en désignant le pire de tous. Et, puisque la sagesse populaire sait quand même à peu près à quoi s’en tenir en ce qui concerne la politique, on pourrait imaginer que, très vite, les votes négatifs l’emporteraient en général sur les votes positifs. On voit tout de suite l’avantage symbolique. Un Sarkozy serait peut-être moins arrogant s’il n’était élu qu’avec le moins mauvais score négatif...
 
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Commentaires
1.   Solenn,  vendredi 29 décembre 2006 à 15:01

Drôle d'idée...
Comment on ferait pour calculer les pourcentages?

 
2.   sined_marlouf,  samedi 30 décembre 2006 à 11:42

Solenn, les pourcentages seraient calculés comme ils le sont actuellement, à partir de décomptes qui retranchent aux candidat(e)s le nombre de voix qui auront été exprimées contre eux (elles).

C'est une idée intéressante, mais la démocratie serait déconfisquée si le peuple avait enfin le pouvoir de s'exprimer sur les questions fondamentales qui modèlent la société, plutôt que de voter pour des gugus, des marionnettes, des fantoches, et bientôt des sexes.

J'ai suggéré le principe du référendum perpétuel, pour poser au peuples les questions qui lui semble fondamentales, et tenir compte de son expression, et de l'évolution de cette expression.

Le référendum perpétuel serait une véritable avancée démocratique.

 
3.   crésus,  samedi 6 janvier 2007 à 16:30

scénario possible:
- tous ceux ou celles qui votent sarko votent contre ségo.
- tous ceux ou celles qui votent ségo votent contre sarko.
- le pen a autant de voix contre que pour.

BILAN pour chacun : 0 voix

-personne ne vote contre bayrou car il a l'air gentil et n'a aucune chance et 6% votent pour.
-personne ne vote contre besancenot car il a l'air gentil et n'a aucune chance et 4 %votent pour.

DEUXIEME TOUR: BAYROU / BESANCENOT
on est pas dans le caca!

 
4.   jumax452,  vendredi 26 janvier 2007 à 00:14

Tiens, c'est le premier sujet où je suis d'accord sur ce blog. Cela me semble etre une excellent idée de créer un système de la sorte. Un vote négatif aurait été très intéressant en 2002. Rien que dans ma famille proche, je crois que tous auraient voté contre Le Pen et pour Chirac, puisqu'ils sont tous contre les deux...mais ont voté pour le moins pire. Je sais que dans beaucoup de cas de figure de 2eme tour en 2007, ce genre de système m'interesserait ...car je ne suis pas particulierement pour un candidat en particulier...mais par contre, je suis contre certains...excellent idée. Je vais donc m'arreter là pour la lecture de tes sujets pour ce soir, au moins, j'irais me coucher ave l'esprit reposé et en étant calme. (ben oui, je me suis un peu énervé avec certains sujets lol)

 
5.   ???,  vendredi 30 mars 2007 à 05:37

L'idée est vraiment bonne mais est ce qu'on en revient pas a risquer de voir encore plus apparaitre une guerre de propagande du genre "votez contre Mr untel" je dis pas que la langue de bois est une bonne chose mais deja que le paysage politique est pollué on devrait faire attention a ne pas rajouter un clivage de plus pouvant nous faire partir encore plus loin dans la guerre des tranchées (imaginez les attaques entre candidats... elles doubleraient et ce qui nous interresse c'est leur programme pas leurs lubies).
Sinon j'aime vraiment l'idée de pouvoir faire entendre nos voix autrement qu'en disant oui a certains alors qu'on voudrait dire m.... a d'autres... a méditer

 
6.   toto,  mardi 17 avril 2007 à 12:02

Salut
Je trouve cette idee amusante... mais amusante seulement, dans la mesure ou, pour promouvoir un systeme de vote negatif, il faut promouvoir le vote tout court. Or, promouvoir le vote, c'est aussi promouvoir l'institution de legitimation du pouvoir en place -ne doutons pas, pour ceux qui ont encore des illusions democratiques, que si le resultat d'un scrutin devait compremettre le pouvoir de nos maitres actuels (les possesseurs du capital), la force brute serait immediatement employee et le systeme democratique actuel suspendu, par exemple en declarant l'etat martial ou autre. De plus, l'acte de voter en lui meme est irrationnel (idealiste pour etre plus precis, car un individu qui vote s'imagine qu'il va rellement changer le resultat des elections alors qu'il n'y a qu'une chance sur des dizaines de millions pour que sa voix ne change quoi que ce soit au resultat du scrutin). Et messieurs les sociodemocrates idealistes, passez moi les arguments du type 'Et si tout le monde faisait comme toi' . Bref, Promouvoir le vote dans ces conditions (meme avec ce systeme de voix negatifs), c'est promouvoir l'irrationnalite politique. Oui a l'abstention, Oui a l'action.

 
7.   lanta,  dimanche 2 septembre 2007 à 21:27

hum ? "avec, par exemple, le nom du candidat barre d'un grand trait rouge" ;)

 
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