Le blog de Léon de Mattis, l'auteur de "Mort à la démocratie"

 

Une lettre de monsieur Hulot :: Le vote négatif

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Le référendum


Si le vote est sans portée réelle, alors il est indifférent de voter ou de ne pas voter lors des élections politiques officielles. C’est pourquoi ces chroniques ne doivent pas être comprises comme une prise de position en faveur de l’abstention ou de la non-inscription sur les listes électorales. L’abstention n’est pas plus un impératif que le vote n’est un « devoir ».

Le piège que nous tendent les élections concerne l’illusion qu’un changement quelconque pourrait survenir par leur biais ou qu’elles pourraient empêcher ou retarder une politique que l’on réprouve. Ceux qui, par exemple, sont allés voter « non » au référendum sur la Constitution européenne en croyant s’opposer à « l’ultralibéralisme » se trompaient lourdement : car la politique de dérégulation et de privatisation n’est pas une affaire de choix politique, elle est une contrainte actuelle de la valorisation mondiale du capital. De ce point de vue, la gauche ou la droite ne peuvent se différencier en rien : la prise de position de Laurent Fabius sur cette question est, on le sait, exclusivement politicienne. Même si Fabius avait vaincu Royal lors des primaires socialistes puis remportait le second tour de la présidentielle, il serait impensable de le croire capable de sauver le « modèle français » dans une Europe et un monde dérégulés – et même de supposer qu’il en aurait seulement la volonté.




Cependant, le référendum du dimanche 29 mai 2005 offrait aux électeurs une possibilité que les élections ordinaires ne donnent pas : celle du vote négatif. Nous avons vu qu’en 2002 la seule manière de voter contre Le Pen était de voter en faveur de Chirac. Refuser le pouvoir à l’un ne pouvait se faire qu’en se compromettant avec l’autre. Pour le référendum, il était possible de s’opposer à une politique approuvée par la majeure partie de la classe politique sans pour autant favoriser clairement les quelques-uns qui s’étaient prononcés en faveur du non car ils représentaient les deux extrêmes de l’échiquier politique. Le résultat de ce référendum, qui vit le non l’emporter avec 54,67 % des suffrages exprimés et 36, 97 % des inscrits (un tiers, environ, des électeurs se sont abstenus), a créé un petit électrochoc parmi les élites françaises. Il va de soi, pourtant, que la conclusion qui en a été tirée ne consiste pas à dire qu’il faut renoncer à l’Europe telle qu’elle se construit actuellement : bien au contraire, tous les « responsables » se sont empressés d’expliquer que ce qui n’a pas pu se faire par la voie référendaire se fera autrement parce que de toute façon il n’y a pas le choix. La réaction de l’élite était plutôt de se demander comment trouver les méthodes et les moyens propices pour faire comprendre au peuple qui se trompe où se situe la véritable nécessité.
 
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Commentaires
1.   OZANON Jean-Paul,  samedi 6 janvier 2007 à 23:58

Intéressé par votre article, je souhaiterais

- d'une part le publier sur mon blog Citoyen libre www.citoyenlibre.com/
- d'autre part inscrire votre blog dans ma rubrique SITES AMIS

Je vous remercie pour votre réponse.

Cordialement.

Jean-Paul OZANON

 
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